Le mystère jacomo

On n'a jamais vraiment su qui il était. Et on l'a connu du jour au lendemain. Un matin - une de ces aubes new-yorkaises ardentes, vibrantes, où les immeubles découpent le ciel de toute leur insolence de verre et d'acier - on n'a plus vu que lui. Puissant, ultra-moderne. Pur, comme l'averse de lumière sur Manhattan. Masculin, féminin ? Quelle importance ? Racé.

Jacomo : en un rien de temps, son nom a été partout. C'étaient les années soixante-dix ; joyeuses, insolentes, créatives 70's.

A New York, il faut dire, l'énergie est partout.
Océane, électrique, ininterrompue. En un éclair, Jacomo avait réussi à concentrer les vibrations du lieu.
Rien à comprendre, rien à expliquer : il s'est imposé.

C'est qu'il croyait au futur, Jacomo.
A la ville. A sa force. A son éternelle puissance de régénération. Pour Jacomo, la vie, encore et toujours, c'est la modernité.
Et l'art, toute sa vie. Le plus contemporain possible. Il vit au plus près, au plus beau du présent. En élan permanent.
Au cœur de la pulsion du Temps.

D'où vient-il, Jacomo ?
Et dans son sillage, pourquoi, dès le début, a-t-on trouvé tant d'hommes et tant de femmes, tous également séduits, souvent pour la vie, par son goût du beau. La rumeur veut que cet art, il l'ait appris en France. Un bruit sans doute fondé. Il en parle si bien.

Un paradoxe vivant, Jacomo.
On l'a vu marier des bois précieux à du métal, des senteurs rares aux effluves cendrées. Et selon lui, l'épice la plus exotique ne dépare pas autour du cou de ses chevaux, quand, sur la fin de l'été, il part les choisir du côté de Deauville. Dès ses premiers pas sur les rives de l'Hudson, il fut ainsi. L'exclusif et tous les possibles.

Et plus il dure, Jacomo,
plus il rayonne, plus il se fait mystère. Une épure de secret... Je l'ai souvent entendu lâcher : "Le secret, ce sont les silences... Les silences recueillent l'émotion des corps comme l'eau, à l'aube, capture les parfums de la nuit. Il y a quelques femmes qui savent ça."
Mais il ne va jamais plus loin. A l'aplomb du gratte-ciel, je me contente alors, comme lui, de sonder la nuit abrupte, je me borne à deviner des nuits qu'il me tait.

Il y a peu, tout de même, au bout d'une de ces nuits-là…
C'est moi qui ai parlé. Rien que trois mots, qui ont suffi. J'avais touché le secret.
Et je revois son sourire, quand ces trois mots ont réveillé le silence :

L'histoire de Jacomo

New York, 5ème Avenue, fin des années 60.
Un français et un américain, Gérard Courtin et James Kaplan, passionnés d'Art contemporain, de Musique et de Mode, lancent une marque à leur image : Jacomo.
La Jet Set adopte immédiatement leur style. Fidèles à leur esprit couture, ils lancent alors leur premier best-seller "Eau Cendrée", parfum dont le flacon avant-gardiste s'inspire d'une oeuvre du MoMA - le musée d'Art Moderne de New York.
La ligne est tracée...

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